Au désert avec les Hugenots
L'EXPÉRIENCE DU DÉSERT DANS LA FRANCE DE LA RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES (1685-1787)
À Zurich, avec Michel Grandjean
DIM 1 NOV 26
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10:00 : culte de la Réformation avec une prédication de l'intervenant autour de Actes 5, 27-32
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11:15 : conférence et échange : L'expérience du désert dans la France de la révocation de l'édit de Nantes (1685-1787)
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12:15 : apéritif conclusif
Quand Louis XIV interdit dans le royaume l'exercice de ce qu'on appelait la « religion prétendue réformée », les réponses de la minorité protestante sont multiples : abjuration feinte ou réelle, exil, clandestinité, résistance armée... Pétris de culture biblique, les huguenots considèrent qu'à l'instar du peuple élu fuyant l'Égypte pour la Terre promise, il leur est demandé de traverser un désert, quand bien même ils restent sur place. C'est ainsi qu'ils s'organisent dans la clandestinité, célébrant dès avant 1685 des cultes dans des lieux difficiles d'accès, parfois même en l'absence de pasteurs. Ils savent qu'ils contreviennent aux ordres du roi et qu'ils risquent la prison ou les galères s'ils se font prendre.
De leur exil lointain, certains notables huguenots tentent de leur venir en aide (formation de prédicateurs, soutiens financiers, pressions diplomatiques sur Versailles, voire lobbying en vue d'une intervention militaire).
Quelle articulation entre l'exhortation de Paul à se soumettre aux autorités (Romains 13, 1) et le principe que Pierre oppose au Sanhédrin, principe en vertu duquel il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes (Actes 5, 29) ? Tel est le cruel dilemme que les communautés huguenotes

Michel Grandjean est historien et théologien, professeur honoraire de la Faculté de théologie de l'Université de Genève, où il a enseigné l'histoire du christianisme durant une trentaine d'années. Ses domaines de recherches, plutôt éclectiques, touchent le Moyen Âge (l'ecclésiologie, la mystique, quelques grandes figures comme Anselme de Cantorbéry, Bernard de Clairvaux, François d'Assise ou Jan Hus), l'époque moderne (en particulier la Réforme du 16e siècle et le protestantisme de tradition calvinienne) et l'époque contemporaine (notamment les débuts théologiques du féminisme dans le monde anglo-saxon).